Je suis actuellement en doctorat en science forestière à l’Université Laval à Québec depuis 2024. Mon projet porte sur une pathologie qui touche les chênes, le flétrissement du chêne, causé par le champignon Bretziella fagacearum. Cette maladie provoque une mort systématique de son hôte une fois infecté, en un temps dépendant de l’espèce touchée. Les espèces de chênes blancs peuvent survivre quelques années, alors que les espèces de chênes rouges peuvent mourir en quelques semaines à peine.
Actuellement cette maladie est principalement détectée par observation des symptômes du flétrissement. Malheureusement, il est déjà trop tard et la maldie a pu se transmettre aux arbres voisins via les racines ou par des insectes vecteurs portant des spores du champignon. C’est dans ce cadre que mon projet s’insère, afin de développer une nouvelle méthode de détection précoce (avant apparition des symptômes) en utilisant les Composés Organiques Volatiles (COVs) produits par les plantes.
Les COV (composés organiques volatils) sont des molécules produites naturellement par les arbres et remplissant diverses fonctions biologiques. L’ensemble de ces molécules constitue ce que l’on appelle un profil de COV. Ce profil peut varier à la fois en fonction de la nature des molécules présentes et de leur quantité. Ces variations s’observent entre différentes espèces d’arbres, entre sites géographiques, mais aussi au sein d’un même groupe, selon l’âge des individus, leur état de santé ou encore leur exposition à la lumière. En particulier, des modifications du profil de COV peuvent être liées à des changements d’état sanitaire, ce que nous cherchons à détecter dans le cadre de l’étude des maladies. Pour cela, nous utilisons un système de type push-pull, reposant sur une pompe qui permet de collecter les molécules émises dans des tubes adsorbants. Ces tubes sont ensuite analysés par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse, ce qui permet d’identifier les composés présents.

Ces mesures sont faites sur des jeunes chênes en serre en condition controlé avec des arbres infectés artificiellement, mais aussi sur le terrain au Michigan sur des arbres adultes, naturellement infectés sur le terrain.
